Je n'sais pas, je n'sais plus, je suis perdu...

31 juillet 2006

Littérature et Pantoprazole...

Je vous présente l'équipement avec lequel je prends des notes en vue d'écrire les bouquins que vos petits-enfants étudieront en cours de français (sans rire, y'a-t-il des écrivains contemporains susceptibles d'être étudiés en classe dans l'avenir ? Les prochains Hugo, Maupassant, Stendhal existent-ils ? Existeront-ils seulement un jour ? J'en ai pas l'impression, mais ça ne relève que de l'intime et obscure conviction) :

Toute écoeurante qu'elle puisse être à force de laisser crever les petits enfants pauvres, l'industrie pharmaceutique a au moins le mérite de me fournir encre et papier. Et puis franchement, quelle classe d'être ainsi sponsorisé par une marque d'inhibiteur de la pompe à protons (vous avez des ulcères ? C'est sa faute. Grâce à l'IPP, vous échangez lesdits ulcères contre diarrhée, constipation, douleurs abdominales...mais ça peut faire gonfler les seins. C'est beau la science).

Pour revenir à mes prises de notes, il faudrait vraiment que j'arrête car bien souvent, mes projets ne dépassent pas ce stade. Ceci dit, je fais des progrès. J'en veux pour preuve la bonne résolution que j'ai inscrite dans mon carnet : "Ne plus prendre de notes".

Depuis, j'en ai pris un sacré paquet...

L'Ennemi intérieur...

Un jour ou l'autre, tout le monde se dit que ce serait vachement bien que le temps s'arrête. Evidemment, on se fait toujours ce genre de réflexion a posteriori, au moment où quelque chose se met à clocher. Avant ça, on s'en fout, on est persuadé que les trucs sympa sont éternels ; d'ailleurs, on ne se pose même pas la question, puisque l'on SAIT que ça ne changera pas. Puis on comprend, et les plus sages apprennent peu à peu à adopter la seule attitude valable : se dire que les bonnes choses de la vie, de toute façon, ça peut pas durer. Au final, les pessimistes sincères et convaincus, les vrais, les purs, sont les seuls à presque effleurer le bonheur en s'épargnant la cruelle morsure de la désillusion (et Dieu sait qu'elle a de grandes dents).

Tout ça pour dire que quand on est jeune, on est con (et ça, y'a pas que moi qui le dis, les chanteurs engagés aussi) car on se sent connement invincible. Et que font les gens convaincus d'être invincibles ? Ils défient les dieux. Et quand il n'y a plus de Dieux à défier (parce que bon, faire de la voile torse nu, affronter des bêtes merveilleuses, ça va un temps), on lance des défis à la vie. Du style :
- Moi, j'aurai jamais d'acnée (plus précisément un défi à ma grande soeur, ça...et j'ai perdu, et limite je perds encore par moments).
- Un jour, je serai plus grand que toi (que je disais à un désormais vieil ami que ça a bien fait marrer...n'empêche que là, j'ai gagné).
- 'Tain, une heure que je cours et pas une goutte de sueur. Allez, ah ah, on n'a qu'à dire que je transpirerai jamais, je suis pas un gros crade comme les autres, moi (15 ans et deux déménagements plus tard, j'ai découvert qu'on pouvait même transpirer des chevilles...testostérone power ! Quel dommage que je vomisse le vélo).
- Jamais au grand jamais je ne prendrai un gramme. Sec je suis, sec je resterai (et là, on va aller à la ligne, car ces deux paragraphes n'ont été rédigés que pour en venir là).

Fut un temps, j'avais un meilleur ami et ce meilleur ami c'était moi. Ou plutôt, c'était mon corps. Une bien belle machine. Outre le fait que nous étions inséparables (ce qui coule un peu de source, à moins d'avoir du sang indien dans les veines...ce qui, en Lorraine, n'est certes pas courant), nous avions confiance l'un en l'autre, rien ne pouvait nous arriver. Imaginez un ami comme on en voit que dans les dessins animés japonais, avec ces milliards d'étoiles qui constellent ses yeux immenses et scintillent dans ses boucles blondes. Le soleil se couche sur un océan couleur Canard WC, vous vous regardez dans les yeux pendant des heures en souriant, sans rien dire, prêts à vous rouler une gamelle terrible au nom de votre belle amitié (ce que vous vous garderez toutefois de faire...au nom de votre belle amitié). Moi et mon métabolisme, c'était ça. Ca fait mal tellement c'est beau...jusqu'au jour où ça fait mal, mais parce que votre si précieux ami vous a passé à tabac, sans crier gare, un coup de folie, sans doute l'avez-vous contrarié d'une quelconque façon. La trahison...c'était trop beau, ça pouvait pas durer.

Avant, dans ma prime jeunesse et même celle d'après, je pouvais manger ce que je voulais, dans des quantités honteusement astronomiques, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, mon fabuleux organisme encaissait sans broncher et me disait limite merci. J'étais manifestement invulnérable et ne doutais pas de la pérennité de cet état de fait. Erreur grossière et baveuse : depuis quelques années, je m'empâte. Mon si précieux camarade d'antan semble même avoir un plan : hier les poignées d'amour, aujourd'hui le ventre, demain le monde ! Croyez-moi, Il était une fois la vie, tous ces petits bonshommes travaillant soi-disant sans cesse à votre bien-être, c'est des foutaises.

Le plus douloureux étant de tomber sur ce dessin de Lewis Trondheim en se disant : "Mais c'est moi, ça !" (d'un autre côté, on se sent de suite moins seul).




Dorénavant, j'essaie d'éviter les phrases du style "Mais arrête tes bêtises, t'es très bien" car je me suis rendu compte que c'était effectivement assez énervant. La question n'est pas de maigrir pour les autres mais bien entendu pour soi.
Régime donc ! Enfin, on va essayer...

28 juillet 2006

Conformiste...

Deux jours ! Deux jours que je cherchais ce fichu mot sans pouvoir mettre ne serait-ce que le bout de l'auriculaire dessus. Pourtant pas faute de l'avoir eu sur le bout de la langue tout ce temps. Ca arrive pas souvent mais qu'est-ce que c'est énervant !

Le plus embêtant, c'est quand vous êtes en train de discuter avec votre meilleure amie au moyen d'un célèbre logiciel de messagerie et que celle-ci voit "Aladfal est en train d'écrire un message" affiché pendant pas moins de cinq minutes. Il faut savoir se résigner et se passer de ce mot dont vous savez qu'il exprimerait votre idée mieux que n'importe quel autre. Rageant. Si encore il s'agissait d'une expression un peu sophistiquée, mais même pas ! Alors quoi ? La p'tite case contenant l'entrée "conformiste" était "Fermée pour cause de décès" ? Le neurone d'à côté a claqué et sa dernière volonté était de voir ses cendres répandues à l'autre bout de mon corps ?

Au final, ce que je voulais dire, dans sa forme complète et entière, était donc : "Je dois effectivement te paraître médiocre, petit, coincé, tristement conformiste."

Evidemment, pour les personnes extérieures à l'affaire, ça doit faire l'effet d'une "private joke" comme celles dont je parlais il y a quelques temps...sauf que là, c'est même pas drôle pour nous.

25 juillet 2006

La Genèse 2 (que pour vous)...

Quand survient l'envie de créer son blog, se pose l'épineux problème du titre. Pour être tout à fait honnête, si il y a un aspect de mes activités d'écriture qui demeure un éternel souci, c'est bien les titres (et, dans le même ordre d'idée, les noms de personnages...le genre de trucs qui, du strict point de vue quantitatif, relèvent du détail mais sur lesquels on ne saurait faire l'impasse, quoi...ou toute l'absurdité de l'existence résumée en une parenthèse).

Les titres de mes deux premiers billets ne m'ont pourtant étrangement pas posé problème. Ceci dit, je ne doute pas que ça vous en pose un, à vous...mais j'ai même pas honte et ose m'avouer plutôt satisfait. Statistiquement parlant, c'est encore en se contentant de peu que l'on a le plus de chance d'être heureux.

"Je n'sais pas, je n'sais plus, je suis perdu..." donc. Mais pourquoi ce titre ? Y'en avait des tas de bien ! En haut de cette page, vous avez failli lire (entre autres possibilités) :
- "Les temps comme les oeufs sont durs." (un brin négatif sur les bords, or on me taxe un peu trop de négativisme en ce moment).
- "Encre d'échine" (je l'aimais bien, celui-là. Trouvé alors qu'on me prodiguait un massage, il orne hélas déjà la couverture d'un roman initiatique signé Luciano Cavallini. Le plagiat littéraire étant celui que j'assume le moins facilement...).
- "Mangez des loutres !" (oui, je sais, j'ai un problème avec les loutres. Un trouble de la petite enfance sans doute, genre un doudou qui sera mal passé. Et puis, je sais pas, je me dis que ça ferait une super sortie pour un héros type Superman ou Zorro ; juste après avoir sauvé la belle et son acolyte sympa mais un peu niais - enfin j'dis ça, c'est sûr qu'il a l'air un peu nigaud, mais au fond du fond, c'est juste qu'il est totalement désarmé par la belle, dont il est secrètement amoureux...mais évidemment, cette triste femelle n'a d'yeux que pour l'autre ordure...pourtant, sa maladresse est touchante, j'comprends pas...bah, schéma classique - oui donc, notre héros disais-je, je l'imagine bien lancer un :
Salut les amis ! Faites bien attention à vous et surtout, mangez des loutres !

avec une voix façon doubleur d'Errol Flynn puis disparaître en sautant du toit - ou en s'envolant, le cas échéant).
- "Comme une girafe dans le four" (Prix Nawak 2006. Je remercie la SNCF et mes nombreux sponsors sans qui le rêve n'aurait pu devenir réalité).

Ce qui ne répond pas à la question précédemment posée. Pourquoi ? Oui, pourquoi "Je n'sais pas, je n'sais plus, je suis perdu..." ? C'est à vrai dire fort simple. Dans toutes les populations de type "groupe d'amis" (soit au moins deux personnes) se pratique le rituel de la "private joke" (ou "blague odieusement excluante pour le commun des mortels et c'est tant mieux car c'est limite fait pour") qui, lorsqu'elle devient par trop redondante, vire carrément au tic verbal. Prenons l'exemple de cet ami (que nous appellerons Max...car c'est son nom) qui aimait à ponctuer ses phrases au moyen de l'expression "shkripte für" (orthographe approximative)...jusqu'à ce qu'un de ses condisciples, par ailleurs ressortissant allemand, ne lui demande pourquoi il n'arrêtait pas de dire "four crématoire"...grand moment de solitude. Cette longue digression (mauvais exemple qui plus est, puisqu'Igor jouait en solo) pour dire que les origines de la "private joke" devenue tic verbal bien souvent se perdent...si tant est qu'elles aient jamais été connues.

De même, la provenance de "Je n'sais pas, je n'sais plus, je suis perdu...", expression employée par Max (encore lui) et moi-même lorsque l'un de nous était sujet à la perplexité, demeurait un mystère sans pour autant que nous n'en concevions la moindre gêne, inquiétude ou angoisse. Les jours s'écoulaient paisiblement, la vie était belle, les oiseaux chantaient gaiement la Charanga et le taux d'humidité de l'air naviguait aux alentours de 47%. Malheureusement, la terrible vérité toujours finit par nous rattraper. Le nom de mon blog n'est autre qu'un extrait de la chanson Fais comme l'oiseau de Michel Fugain. La preuve en haut à droite.




Merci à StripGenerator d'avoir su rendre ma pensée sur l'injustice amoureuse si limpide.

21 juillet 2006

La Genèse (pas changé, je suis toujours ce jeune homme étranger)...

Il se dit que "tout vient à point à qui sait attendre", et moi je dis "mon oeil". J'ai eu beau attendre, attendre et encore attendre, mon blog n'est jamais venu. Mine de rien, votre serviteur étant à la fois (quasiment) seul à espérer ledit blog et (surtout) seul à pouvoir l'écrire, il était temps que je prenne les choses en main. Nous y voilà donc.

Au début de ce genre d'entreprise, il est de bon ton d'expliquer le pourquoi du comment de la chose ; je me permets donc de vous renvoyer ici et où des tas de gens autrement plus inspirés et motivés que moi sauront sans nul doute vous fournir une raison un tant soit peu crédible.

Histoire de faire montre d'un minimum de bonne volonté, je peux toutefois vous livrer quelques pistes. Au choix donc, si je ne fais pas ce blog :
1) Ma famille mourra.
2) Je me verrai frustré d'avoir remisé un projet de plus.
3) L'Empire des Loutres, ces êtres perfides, hautement malveillants et dépourvus de toute moralité, asservira l'humanité d'ici à la fin de l'année.
4) La réponse 4.

Avant de partir, un indice :