Je n'sais pas, je n'sais plus, je suis perdu...

29 septembre 2006

Retour rapide...

Déjà un moment que je suis là, il est temps de bouger un peu. Et puis je commence à me prendre au jeu...et je sais exactement ce qu'il me faut faire à présent.
Bon, je suppose que ma venue ici n'est en rien due au hasard. Je suis là pour sauver votre royaume, un truc du genre. On va gagner du temps : qui et où ?
- A toi de me le dire. Semblons-nous attendre d'être sauvés ? De qui ? De quoi ?

D'un coup, je me sens très bête. Encore. Je regarde Line dans les yeux, des yeux très bleus. Et plus j'y plonge, plus je me sens vide.

Je n'ai pas besoin que l'on me sauve, désolée.
- Alors on fait quoi ? Je fais quoi ici ?
- Tu pourrais te contenter de rester là et profiter de ce qui est beau, de ce qui est bon. La vie n'est pas faite que de grandes choses, loin s'en faut. D'ailleurs, les grandes choses ne sont pas nécessairement les plus belles, ni les plus gratifiantes.
- ...
- Es-tu certain d'avoir besoin de ces ailes, toutes grandes et belles qu'elles soient ? Tu sembles y tenir et pourtant, ne sont-elles pas avant tout un fardeau ?
- Je...j'ai sommeil.
- Repose-toi alors.

Je m'allonge dans l'herbe qui m'a accueilli et je ferme les yeux. Mes derniers souvenirs sont une main caressant ces ailes que je porte pour la dernière fois et un doux et chaud baiser déposé sur ma joue. Des mots également, des mots simples :

Repose-toi bien. Et oublie-moi...mais tâche de ne pas oublier ce que je t'ai dit...

A mon réveil, je décide de suivre un excellent conseil qu'on m'a donné jadis...sans toutefois bien savoir qui a pu me le donner...

28 septembre 2006

Brèves (4)...

Parce que la vie, c'est aussi des contrariétés...beaucoup.
A vrai dire, les contrariétés représentent une part si colossale de ma vie que je vais pas me gêner pour passer outre mes propres commandements et aller au delà des 3 brèves réglementaires :

- C'est quoi vot' problème avec mon pseudo ? Je comprends bien, sept lettres dont 3 "a" et 2 "l", ça a de quoi déstabiliser, mais faites un effort de concentration, merdeuh !

- J'ai aperçu une revue pour les bambins (sans doute). Le genre de trucs à collectionner semaine après semaine. Insectes véritables, ça s'appelle. Et en cadeau avec le numéro 1, je vous le donne en mille : le scorpion doré. Le scorpion, au même titre que l'araignée, est un arachnide et n'est donc en aucun cas un insecte, bande de cons ! Ou comment faire de nos enfants des incultes véritables.


- J'aime beaucoup les gens tellement centrés sur eux-mêmes qu'ils sont capable de demander comme si de rien n'était à une femme enceinte pour ainsi dire sur le point d'accoucher si ça lui dirait pas de prendre le train pour passer le week-end à perpète alors qu'eux étaient censées venir à la base. Non, tant que je serai vivant, Wonder Maman n'accouchera pas à Bar-le-Duc !

- Quand on reçoit en août un coup de fil prévu pour mai, on ne s'étonne pas de ne pas avoir de nouvelles après un mois quand on devait en avoir sous dix jours. J'ai en revanche été plus surpris d'apprendre que toutes mes coopérations futures avec mon éditeur de Nancy étaient ajournées, genre limite il se demande s'il va pas fermer boutique. Un peu abattu, là d'un coup. J'espère qu'il parviendra à se remettre en selle. Et je dis ça pour lui, même pas pour moi, parce que je l'aime bien et que je suis pas qu'un sale ronchon qui hurle avec des points d'exclamation.

- J'ai un rythme de vie absolument débile en ce moment. J'en viens même à plus trop savoir l'heure qu'il est en plein milieu de la journée. Mon dernier coup de gueule de la nuit contre moi, donc.

Benabar style...

Je chante pas, notez bien. Non pas que je chante mal, je chante même merveilleusement si je veux. Mais bon, même si l'on écrit un blog, on a sa pudeur quoi.
De même, ce qui suit ne ressemble à rien, mais on s'en fout. Si je savais écrire des chansons, je pense que je le saurais...et comme je disais, on s'en fout.

De moins en moins d'espace vital
Samedi dernier, ce fut brutal
D'un coup d'un seul l'invasion
Des trucs bizarres à profusion

Pourquoi une deuxième baignoire ?
Et pis d'abord j'rentre même pas d'dans
Non mais c'est quoi ces histoires ?
Les draps, y nous en faut des plus grands

Dans l'entrée une poussette de combat
Une voiture avec des pneus si gros j'en voudrais pas
Un canard luminescent pour le bain ?
Moi j'dis y s'passe kekchose de pas sain

D'abord c'est quoi un goupillon ?
Sans bien savoir, je sens poindre la cata
Mais pourquoi tu veux laver des biberons ?
Ah mon Dieu, y'a un bébé qu'arrive chez moi !

Bon, maintenant que toutes les règles élémentaires de la poésie ont été bafouées sans vergogne, je peux mourir en paix.

20 septembre 2006

N'importe quoi...pas des heures...

Suite à un arrangement capillaire malheureux sur l'oreiller, voilà que l'on me compare à Jimmy Neutron. Je dis non !


Quand on me demande si je souhaiterai couper le cordon, je demande pour ma part si j'aurai le droit de prendre un peu de recul, histoire de tenter de le sectionner d'un habile lancer de kunai (sur le coup, j'ai dit "shuriken" car je confonds toujours les deux). On me dit non. Ma vie n'est qu'entraves.


Aujourd'hui a eu lieu notre deuxième séance de préparation à l'accouchement. Au programme, l'allaitement et les premiers soins au bébé. Raphaël n'aura pas droit à la sacro-sainte taloche (ou claque su'l'cul) que l'on voit administrer dans tous les films. Mon bébé sera violet et silencieux ou ne sera pas. Je ne sais pas si j'aurai le droit de rester au delà de 21h. 50/50. Au pire, je serai donc là pour vous raconter comment ça s'est passé. Comment vais-je dormir en sachant qu'à compter de ce jour, si tout va bien, j'aurai un fils jusqu'à la fin de mon existence ? Tout ceci est très excitant, j'ai hâte de vivre ces moments. J'ai beau voir ce ventre arrondi et savoir mon enfant à l'intérieur, le voir et le sentir bouger, tout demeure encore très abstrait.



Boisson énergétique pour le jour J (pour elle, pas pour moi) : 1,79 € la bouteille dans un magasin de sport, 1,07 € en grande surface. Vous me direz qu'une bonne assiette de pâte serait de toute façon moins cher. Je n'en disconviens certes pas, mais les nouilles rentrent bien moins facilement dans une bouteille (et je m'aperçois que ce que je dis là n'est pas nécessairement vrai...ou comment placer un bon mot coûte que coûte...même pas de moi en plus...la honte).

19 septembre 2006

Aller simple...

Lorsque je bascule, je ne m'en rends même plus compte. Est-ce que mon autre moi continue à vivre sa vie tandis que je me prélasse ici ? Les fois précédentes je dormais, j'en suis sûr, ce qui m'a tout d'abord laissé à penser que je rêvais. Je doute à présent de seulement dormir. Pour un peu, j'en douterais d'être moi.

Mais là n'est pas l'actualité. La question du moment est de savoir si je saurai me servir de ces ailes. Il sera bien temps par la suite de me demander si j'en ai une quelconque utilité. Avez-vous déjà essayé de bouger vos deux bras en même temps dans deux sens différents ? Je fais partie de ceux pour qui cela relève de l'exploit, aussi je vous laisse imaginer le triste spectacle que constituent mes tentatives d'apprivoisement de mes ailes. MES ailes ? Dans un premier temps, il me faudra déjà parvenir à appréhender cela. Je me fais l'effet d'un moulin à vent pris dans la tempête, ou encore de ces vieux prototypes d'aéronefs avec leurs innombrables paires d'ailes, ceux que l'on voit chaque année dans de très vieilles images d'archive et qui s'effondrent sur eux-même au bout de quelques mètres d'élan. J'abandonne au bout de dix minutes d'efforts infructueux et de "battements" chaotiques. Mon baptême de l'air n'est a priori pas pour demain.

Concentré que j'étais, je ne me suis pas aperçu que des dizaines d'yeux observaient mon improbable gymnastique. Une vraie ménagerie : manticores, hippogriffes, griffons, centaures, sphinx, faunes, rien ne manque. Tandis que phénix et dragons de toutes tailles planent mollement au dessus de nous, se rassemble à mes pieds tout ce que la création (mais laquelle au juste ?) a su engendrer de petit et mal fagoté : nains, lutins, korrigans et farfadets me fixent sans ciller. Les fées qui auparavant n'étaient que quatre ou cinq semblent à présent se déplacer en essaims tant elles sont nombreuses. A tout les coups, j'ai une licorne dans le dos. Je ne me retourne pas. Je ne me sens pas prêt pour la licorne. Quoiqu'après tout, une licorne n'est que l'improbable croisement d'un cheval et d'un narval. Oserais-je lui demander si, au même titre que le narval, sa corne n'est en fait qu'une dent qui aurait "mal tourné" ?

Avec tout ça, j'en oublierait presque la seule créature me ressemblant un minimum. Mais soudain, un doute m'envahit. Cette jeune fille, toute jolie qu'elle puisse être, ne saurait être aussi "normale" qu'elle en a l'air alors même que je me traîne une paire d'ailes de deux mètres dans le dos.

Laissez-moi deviner. Vous avez des pattes de chèvres sous votre robe, non ? Ou une queue pleine d'écailles, un truc de ce genre. Je me trompe ?
- ...

Elle lève sa robe. Pas de sabots. Nulle fourrure. Aucune écaille. Une fois le tissu remonté jusqu'au dessus de ses seins, le constat est sans appel : rien de tout ce à quoi je m'étais préparé. Pas plus que de sous-vêtements. Je ne sais ce qui me gêne le plus, sa nudité, son absence d'hésitation à me dévoiler son corps ou la bêtise et la grossièreté de ma question.

Euh...je vous prie de m'excuser.
- Etant donné le niveau d'intimité qui est dorénavant le nôtre, peut-être pourrais-tu me tutoyer et m'appeler par mon nom, qu'en dis-tu ?
- Euh...oui, bien sûr... Ah !

Il y avait bien une licorne derrière moi, et elle vient de m'arracher une plume. En fait, une licorne, c'est aussi stupide qu'un bête cheval. La déception est à la mesure de l'incrédulité qui devrait être la mienne. On s'habitue vraiment à tout.

Je m'appelle Line.
- Et moi...Aladfal...il me semble. Si j'ai un autre nom, il m'échappe. Mais vous...tu le sais déjà. J'ignore comment d'ailleurs.

C'est à ce moment que j'aurais dû "disparaître", laissant les choses en suspens comme à chaque fois, mais rien ne s'est passé, je suis toujours là. Line...je m'attendais à quelque chose de plus "folklorique" comme Calypso, Siraïna ou Belldandy. C'est simple et joli. Mais tandis que je retourne mentalement ce prénom en tous sens, comme pour y découvrir quelque divin secret, je m'étonne de plus en plus de n'être pas encore reparti. Pour un peu, j'en douterais de ne pas avoir toujours été là.

17 septembre 2006

Mes infos de la nuit...

Sérieusement, ma non-vie est telle que je me retrouve obligé de parler de trente-six choses à la fois pour avoir un peu de matière. J'ai à présent le choix entre pondre un billet super saqué ou expédier le tout en quatre lignes. Z'allez voir ce qu'on peut faire avec du rien. Un peu comme les "brèves" encore une fois, mais pas pareil quoi. Parce que vous comprenez, les "brèves", c'est trois par trois (ben oui, des fois on s'impose des règles cons).

Une de mes grandes frustrations (oui, je suis un gros frustré), avec le fait de ne savoir jouer ni de la guitare ni du saxo, est d'avoir un talent très limité en matière de graphisme...comprenez par là que je ne sais pas dessiner. J'aimerais beaucoup illustrer mon blog avec des jolies choses colorées et dynamiques. Faut que j'arrête de lire des blogs BD.

J'ai récemment passé un concours. Je n'avais plus passé d'examen depuis le siècle dernier (la phrase qui tape, ça fait "Je suis Aladfal MacLeod du clan MacLeod !") et il est rassurant de constater que certaines chosent ne changeront sans doute jamais. A l'occasion de ce type de réjouissance, y'a toujours les mêmes spécimens que j'adore : ceux qui apportent une bouteille d'eau (pour une composition de 4-5 heures, je veux bien...mais pour même pas 2 heures...), ceux qui cherchent à se faire des potes (mon voisin a eu le bon goût de déclarer forfait ou de se faire écraser par un camion, ça m'aura au moins épargné une tentative de causette), ceux qui à la fin discutent de ce qu'ils ont répondu, etc. Globalement, en situation d'exam', les anxieux qui le montrent, ça m'amuse et m'agace en même temps...ma façon à moi de gérer le stress.

Little Miss Sunshine, c'est génial. Allez-y vite et ce, pour trois raisons :
1) C'est bien et même plus que bien, je viens de vous le dire.
2) Ca va sans doute plus rester bien longtemps à l'affiche.
3) Vous devez aller voir Little Miss Sunshine au plus vite. *passe de main de Jedi*


Je viens de découvrir que Little Miss Sunshine est également le titre original de ça (attention, séquence émotion) :


Voilà qui me donne envie d'aller fouiller le grenier parental.

Dernière nouvelle mais non des moindres, comme le dit Wonder Maman (et elle le dit bien mieux que moi), l'héritier de mon glorieux nom (*s'étouffe*) risque fort d'arriver en avance. Mais en fait, la vraie nouvelle d'importance c'est pas ça. La sage-femme m'a intimé l'ordre de ne plus toucher ma chère et tendre pendant une paire de semaines, histoire de ne pas précipiter la venue au monde de Monsieur mon fils (en deux mots, hein...pas le tennisman). Bah...toute façon, c'était des démarches, et feignant comme je suis...

13 septembre 2006

Misanthropia...

Tel en était le titre, à présent je me souviens. Titre objectivement mauvais, mais l'histoire m'avait bien plu. Plus de doute possible, c'est moi qui l'ai écrite il y a longtemps. A-t-elle brûlé comme les autres ? Peu importe, brûlée ou pas, je la retrouve à force de concentration. Il pouvait être seul enfin, faire disparaître tous les autres en un instant, sans un cri, sans un bruit, sans même un souffle. L'enfer puis soudain, plus personne. Avoir la paix...son pouvoir était en fait d'obtenir le silence. Si seulement j'avais un tel pouvoir. Cette fille a raison, je suis bien trop négatif. Oui, bien sûr mon grand, la fille qui n'existe pas a raison. Faut que je m'allonge...

Forcément, je m'allonge et me voilà assis. Déroutant mais je suppose que je finirai par m'y faire. Si je peux encaisser tout le reste, je ne me formaliserai bientôt plus de ces changements de position intempestifs. Assis donc, et toujours nu. Je tourne la tête...et toujours des ailes dans le dos manifestement...ça aussi, va falloir s'y faire.

Je disais donc qu'on te devait te le dire tout le temps. Non ?
- Hein ?
- Tes ailes. Elles sont très belles. Mais on doit te le dire tout le temps.
- Pas vraiment, non. Mais il faut dire que je ne les montre pas souvent.
- Vraiment ? On a vu appendice plus facile à cacher pourtant. Celui-ci par exemple, sans vouloir te vexer.

Nu comme un ver. Je n'oublie pas mais ne m'en préoccupe guère. Peut-être la pudeur n'a-t-elle pas cours en cette verte prairie. On l'échange contre dix kilos de plumes à l'entrée. Elle désigne des vêtements posés à ma gauche et je la regarde alors vraiment pour la première fois. Elle est belle, si belle qu'il me semble que ce que j'ai dans le dos m'a été donné par erreur. Est-ce que je me les arrache et lui tends ? "Excusez-moi, je crois que c'est à vous." Je me lève et vais voir ce que l'on me propose. Un pantalon et des bottes, je fais logiquement l'impasse sur la tunique. A présent plus ou moins décent, je laisse mes yeux s'attarder sur un panorama digne d'une carte postale...le genre de carte postale que vous ne recevez que si vos amis partent en vacances dans un bouquin de fantasy ou de SF. Tout y est, le vert à perte de vue, la grande forêt au loin à gauche, les montagnes au fond à droite, les 42 lunes qu'ont voit même le jour, le château étincelant, les bestiaux qui paissent paisiblement, les nuées d'oiseaux qui passent au dessus de moi juste au bon moment. Derrière moi, une cascade et le ruisseau que j'avais deviné plus tôt.

Elles ne semblent en revanche pas si lourdes que ça, tu n'as même pas l'air de les sentir.
- C'est creux en fait, mais ça reste encombrant.
- Tu me montres ?
- Quoi donc ?
- Je suppose qu'elles ne sont pas accrochées dans ton dos pour le seul plaisir des yeux.
- Euh...à vrai dire, je n'ai pas encore d'avis tranché sur la question.

Avoir des ailes est une chose, s'en servir en est une autre. A fortiori en étant plié en deux dans son canapé. Retour à la case départ. Je sens que ça va vite me fatiguer tout ça.

12 septembre 2006

Y'a comme un os (mais en fait non)...

Je viens de relire les 11 tomes ainsi que les deux hors-séries de Bone. Pour ceux qui l'ignorent, il s'agit d'une série de comics réalisée par Jeff Smith, de la fantasy pour être plus précis. Comme je suis fatigué (et méchamment en manque d'inspiration), je vais vous la faire façon journaleux feignant et me contenter de recopier la quatrième de couverture :

"Perdu dans une immense forêt, Fone Bone veut retrouver ses deux cousins et rentrer chez lui. Mais ses pas le mènent à de bien étranges rencontres : un dragon fumeur de cigarettes, des rats-garous mangeurs de quiche, une grand-mère capable de battre un troupeau de vaches à la course... De surprise en surprise, son périple se transforme en une fantastique épopée faite de grandes épreuves, de petits tracas et de savoureux moments."

Au final, 1500 pages de bon(n)e BD...donc je conseille.

07 septembre 2006

Brèves (3)...

Parce que la vie, c'est quand même beaucoup de frustration :

- Je repense à cette histoire de "femme qui rit, bla bla bla". Sachant que mon illustre camarade Max et moi-même sommes réputés comme étant (encore) plus drôles ensemble que chacun dans notre coin, le résultat tenant même plus du produit que de la somme de nos potentiels respectifs, imaginons que chacun ne fasse pas rire la même moitié d'une demoiselle...y'aurait pas eu moyen de se goupiller des plans à trois ?

- On m'a fait savoir cet après-midi qu'il était hors de question que les premiers mots que j'adresserai à mon fils soient "Tu ne le sais pas encore, mais tu es déjà mort" (célèbre phrase de Ken, dit le survivant, sage parmi les sages et grand ami des enfants). Je vous dis pas comme je suis meurtri.

- L'autre soir, Greg, le voisin, celui qui jouit comme une fille (ce qui ne me poserait guère de problème s'il avait le bon goût de le faire dans une hutte au fin fond des Andes), s'est tapé un freestyle "musical" d'anthologie sous sa douche, un medley de ce qui se fait de mieux en chansons françaises, poussant l'audace jusqu'à adapter les paroles avec un brio certain (n'hésitant pas à employer des termes pas follement flatteurs envers les communautés maghrébine et homosexuelle...mais là, d'un coup, j'ai l'air de balancer). Repoussant les limites du professionnalisme toujours plus loin, l'énergumène a même assuré lui-même la conclusion de sa performance en s'adressant à sa chère et tendre Chloé (c'est Wonder Maman qui a décidé qu'elle s'appelait comme ça car "elle crie comme une Chloé". A noter que Wonder Maman ne connaît absolument aucune Chloé. Si tu t'appelles Chloé ou que tu as une Chloé dans tes amies, te laisse pas faire, ouvre ta fenêtre et crie "Je t'emmerde Wonder Maman !") en ces termes "Non mais t'as vu cette culture musicale ? Je suis bon pour la Star Ac' 6". Vous allez me dire, mais où est la frustration dans tout ça ? Ben...euh...j'ai mal appuyé sur le bouton "RECORD" et je m'en suis rendu compte qu'à la fin.

04 septembre 2006

Exercice de style...

Je marche encore, je marche seul comme chantait Goldman. Je repense à cette histoire. Comment s'intitulait-elle déjà ? Je ne sais plus, pas moyen de m'en souvenir. C'était un homme. Il avait ce pouvoir. Il aurait été bien en peine de mettre un nom dessus ou de vous expliquer de quoi il retournait exactement, mais il l'avait, c'est certain, c'était en lui. Un jour, il l'utiliserait.

Je marche et les gens autour de moi m'agacent. Qu'ils sont bruyants. Je monte le son, m'enfouis dans une ouate de décibels. Anesthésie. Je baisse des yeux déjà mi-clos pour ne plus les voir. Refuge. Comment est-il possible que je les évite ? Je ne les vois ni ne les entends, je les ressens. Ils sont donc toujours là. Je marche comme je respire, sans y penser. Je me laisse porter par je ne sais quel obscur courant. Je ne vais nulle part je crois. Et toujours cette histoire, ce garçon, ce qu'il s'est promis de faire un jour. Qui en était l'auteur ? N'était-ce pas moi ?

Je marche et soudain la musique s'arrête. Plus de batterie. Mais le silence demeure. Vertige. Je relève la tête mais ne vois guère. Tout est flou. Je crois que je vais me laisser aller pour une fois. Combien de fois ai-je eu envie de me poser au beau milieu de la rue, de m'allonger sur le trottoir. Lassitude. Je m'assois, m'adosse à un mur, sous une immense fenêtre barrée de fer. D'où je suis, je ne peux voir les fontaines, mais à mesure que je sombre, il me semble les entendre de plus en plus distinctement. Ou serait-ce un ruisseau ?

Il fait doux. Je m'endors ou je me réveille ? Le sol sur lequel je suis à présent allongé n'a rien à voir avec le bitume sur lequel je me suis abandonné il y a une seconde...il y a une heure ? Un siècle ? J'ouvre les yeux. De la lumière et du vert. De l'herbe. Je suis bien. Comme ces matins où l'on n'est pas obligé de se lever, où l'on s'étire longuement avant de se rendormir. Si ce n'était tout ce vert, je pourrais me croire de retour dans le ventre de ma mère. On ne devrait jamais en sortir. Je devine des points de couleurs, probablement des fleurs. Des fées virevoltent autour de ma tête. Je crois bien avoir discerné que l'une d'elles a les seins qui pointent. Je ne suis pas en train de rêver. Si je rêvais, je ne me formaliserais pas de tout ça. Je suis ailleurs et des créatures notoirement irréelles évoluent à quelques centimètres à peine de mon visage. Accessoirement, il me semble bien que je suis totalement nu. Tout ceci n'est pas normal. Je ne l'accepte pas. Je ne rêve pas.

Je ne bouge pas. Je suis bien. Peut-être ai-je peur de repartir. Peut-être ai-je peur tout court. Je demeure ainsi, recroquevillé. J'attends. Mais quoi au juste ? Depuis quelques instants, je sens une main qui me caresse le dos. Mais j'ai l'étrange impression que ce n'est pas mon dos.

T'a-t-on déjà dit combien tu étais négatif, Aladfal ? Il va falloir changer ça. Aladfal, c'est ton vrai nom au fait ?
- Je crois, oui. Je ne suis plus très sûr. Peut-être pas. Qu'en pensez-vous ?
- Je ne sais pas, à toi de voir. Mais il te va bien.
- Il me plaît en tout cas.
- C'est l'essentiel. Tu es bien ici ?
- Oui.
- Tu devrais rester un peu, ça te ferait du bien.
- Je pense aussi...sans bien savoir pourquoi.
- Elles sont très belles, mais on te le dit sans doute tout le temps.
- Quoi donc ?

J'aimerais me mettre sur le dos mais n'y parviens pas.

Vraiment très belles. Mais ça doit être lourd, non ?

Je ne me sens pas encore prêt à me lever. Je tourne la tête et du coin de l'oeil, je devine des cheveux blonds et...

Oh ça...oh...

"Remember when...just friends." Dans mon dos, juste un mur, du crépi, mais pas d'ailes. De nouveau de la musique. "Remember when...you and I...were just friends." OFF. J'entends les fontaines de l'autre côté de la haie. Je ne comprends pas bien. Je me relève et reprends ma route. Personne ne semble avoir rien remarqué. Ai-je rêvé tout de même ? Dans ma main, trois brins d'herbe et une petite fleur blanche. Accroché à ma veste, un cheveux blond. Il n'est pas à moi...