Nous sommes mardi matin, il est 2h30 à peu près.
Rectification : JE suis mardi matin. Vous, vous dormez.
Je m'étais promis de me coucher au plus tard à minuit. Raté. Encore. Ca m'apprendra à écrire des mails jusqu'à pas d'heure. Ca m'apprendra à faire des enfants.
Et dire qu'il faut que je me lève vers 6h, histoire d'être à la clinique très tôt.
Mine de rien, demain (si j'ose dire), c'est déjà la sortie.
Parti comme je suis, je pourrais aussi bien faire nuit blanche.
Ce billet a en fait pour vocation de résumer les journées d'avant-hier/hier, d'aujourd'hui/hier et d'aujourd'hui/demain. La vache, j'ai l'impression d'être coincé entre le passé et le futur, là. Vous allez me dire "C'est normal, et les gens qui dorment la nuit appellent ça le présent". Oui mais non, je suis pris au piège dans un truc bizarre où hier et demain se mélangent...comme un soir de cuite...mais sans rire bêtement ou vomir partout en fait.
Je disais donc que je comptais résumer les jours J+1, J+2 et J+3 dans ce billet.
La suite plus tard donc. Pour le moment, c'était juste pour faire mon intéressant.
*Le temps passe, passe et passe encore. Les feuilles tombent et mes lecteurs (qui ça ?) prennent racine.*
Nous sommes à présent jeudi (en huit comme on dit), il est 0h30 à peu près.
C'coup-ci, je m'en tiens au "nous" car c'est encore une heure acceptable pour veiller.
Ben dites donc, pas facile de s'y remettre. Pas facile de trouver le temps. Pas facile de choisir d'en user pour écrire. Le temps nous est récemment devenu une denrée précieuse qu'il convient de dépenser avec sagesse. Ceci dit, donnez-moi mon poids en pétrole et je ne manquerai sans doute pas de relativiser un max sur la valeur des secondes qui s'écoulent (mais bon, si vous avez trop de temps, n'hésitez pas à venir dégazer près de chez moi).
Sans transition (comme dit l'autre), un bébé ça change la vie. Quant à savoir si la vie s'en trouve changée autant que le bébé...mais je pose mal le problème, la vie change d'un coup tandis que le bébé, on le change un peu mais souvent. D'ailleurs, amusant comme on encaisse plutôt bien le fait de se faire déféquer dessus par son enfant alors que je mets quiconque au défi de rester zen si un passant lui chie dans la main. Vous me direz que le bambin fait pas exprès, je vous répondrai que surtout il peut pas se défendre et bon, même moi j'ai un peu le sens de l'honneur.
Je disais donc qu'un bébé ça change la vie (mais je dis "graisse", je dis "graisse"...me demande si je l'ai pas déjà faite, celle-là), mais j'ai pas trop à me plaindre, je ne me fais pas pomper les pectoraux (les quoi ? Oh ça va !) 6 à 7 fois par jour, moi. D'ailleurs, vous saviez que le lait maternel était extrêmement bon pour les plantes vertes ? Qui parmi vous sera assez niais pour faire le pied de grue devant les portes de Jardiland afin de se procurer ce miraculeux engrais ? Qui parmi vous sera assez vénal pour oser vendre le lait de sa femme sur le marché ce week-end ? Gagnez du temps, prenez donc rendez-vous, les commentaires sont là pour ça. Rah, mais qu'est-ce que je fais ?! J'ai pas le temps d'initier un trafic de lait maternel à grande échelle !
Au début, une fois tout le monde rentré à la maison, on a copieusement galéré. Le manque d'organisation des débutants. Le bain, le change, que du bonheur. S'agit d'être rapide, c'est que sa majesté supporte pas d'être à poil plus de 4 secondes 1/4, et on a vite fait d'user deux couches au lieu d'une pour avoir un peu trop traîné (vous auriez le coeur de pas la changer alors que le petit l'a souillée avant même que vous l'ayez refermée, vous ? Vous me direz, au final, il va la salir. A se demander pourquoi on la change pas qu'une fois par an). Et le fait qu'il s'agisse de couches lavables (des tas de variétés différentes en plus) ajoute encore au caractère sportif de cette passionnante activité. L'écologie et les économies ont un prix : la sueur (ouais, un peu comme dans
Fame).
Y'a pas que pour nous que l'arrivée de Raphaël constitue un bouleversement, notez bien. Le chat a dégagé pour une durée indéterminée, direction la campagne (sans droit de sortir...ironic, isn't it ?). Le chat qui s'en va, le bébé qui arrive, ça fait un peu "Un volcan s'éteint, un être s'éveille". Adieu les poils, l'urine dans les coins, les ronrons dans les oreilles à 6h du mat' pour mendier des croquettes...bonjour l'urine dans le visage et les pleurs à 2h, 5h et 8h du mat' pour réclamer un bout de sein. Gagnant ou perdant ? Je réfléchis.
On a déjà tenté quelques sorties avec la poussette de combat (manque que Tina Turner chantant "We don't need another hero"), c'est physique mais je commence à masteriser comme une bête. Qu'est-ce que j'ai pu gueuler contre les blaireaux avec leurs poussettes, infoutus de dévier de leur trajectoire ne serait-ce que de 5 centimètres, à qui il ne manque que le pare-buffle à l'avant pour bien convaincre mes chevilles que le monde est à eux. Mais c'est que c'est pas toujours facile...ceci dit, je fais toujours plus d'efforts qu'eux, hein. Rassurez-vous, les gens sont quand même des cons, l'honneur est sauf, on a eu chaud.
Le jour de la sortie était également le dernier jour pour déclarer la naissance à la mairie, les papiers ayant entretemps été paumés en salle de naissance par la sage-femme.
Madame la fonctionnaire : Raphaël, avec ou sans tréma ?
Aladfal (plein d'assurance) : Avec.
Mlf (uh uh uh) : *Pianote sur son PC à la con*
A : ...
Mlf (imperturbable) : *Pianote toujours*
A : *Boule dans la gorge*
Mlf : *Rien à foutre de rien*
A (tout bas) : J'espère que je suis pas en train de faire une bêtise.
On en avait pas discuté. Je flippais de faire une connerie et de voir la vie de mon fils démarrer sur un malentendu, une fausse note. Je me voyais déjà tout honteux à chaque fois que mes yeux tomberaient sur un papier officiel comportant un tréma alors que Wonder Maman n'en voulait pas. Et un jour, il me taperait sur l'épaule en me disant "Mais c'est pas grave P'pa, on s'en fout". Je suis donc sorti pour passer un coup de fil à la maison afin de m'assurer qu'on était d'accord. C'était le cas, ça coulait autant de source pour elle que pour moi. Je me suis encore tapé une angoisse pour rien. La prochaine fois, un prénom simple. Ouais, le prochain s'appellera Karl. Mais Karl avec un "K" ou Carl avec un "C" ? Et merde.
Au fil des dernières années, j'ai développé un grande envie d'avoir un fils. Pour compenser sans doute. Sûrement. Démarche idiote. Puis j'ai récemment retourné ma veste par peur de cette confrontation à laquelle je ne me sentais finalement pas prêt. A présent que j'ai un petit garçon, je me dis que rien de mieux ne pouvait m'arriver, ça va me faire beaucoup de bien à la tête.
De manière plus générale, étrange est le lien qui unit un parent à son enfant. On se retrouve à aimer un être tout nouveau, tombé du ciel pour ainsi dire, et qui n'a rien fait pour ça. On l'aime, c'est tout. C'est même pas qu'on s'y sent obligé, c'est comme ça. On est dès lors comme investi d'une mission, et je ne connais rien d'aussi gratifiant que les petits miracles que j'accomplis chaque jour, comme lorsque le simple fait de le prendre dans mes bras et de lui parler suffit à le calmer ou qu'il s'endort couché sur ma poitrine alors que je voulais juste faire passer son hoquet.
En le regardant dormir, je me disais que les enfants ne nous appartenaient vraiment pas longtemps. Il faut profiter au maximum du temps pendant lequel on peut se permettre de les embrasser 75 fois par jour sans que ça les incommode (sans qu'ils puissent le faire savoir du moins).
Pour poursuivre sur du plus léger, j'ai eu un mal fou à saisir la teneur d'un commentaire laissé par Flora, Seb et Alicia sur le précédent message : "Je constate que tu es vraiment submergé par l'émotion et que tu perds tes "repère temporelles", mais bon on te pardonne! ;)". Je me suis dit que j'avais encore dû oublier un anniversaire, un truc du style. Une semaine plus tard, je réalise qu'ils m'ont juste mis le nez dans deux grosse fautes. En fait, la responsable n'est sans doute pas tant l'émotion que la fatigue. Et puis d'abord, les licenciés en lettres seront bientôt interdits de séjour sur mon blog, na !
Pour finir sur du beaucoup plus léger (et parce que, comme le dit si bien Karine Le Marchand, on n'est pas que des parents), ça faisait longtemps que j'avais pas mis
des grosses conneries de la vraie bonne musique dans ma radio. Ce manque cruel est à présent réparé avec la mise en ligne du générique d'
Embrasse-moi Lucile, alias
Lucile, amour et rock'n roll (
Aishite Knight en version originale...et là, les puristes se touchent...mais en fait, les connaisseurs, c'est bien utile, j'avais mis
Aishite Night...merci Tinou !). Un peu de guimauve ne saurait faire de mal. Mais la pièce de résistance, ce sont les cinq chansons des Bee-Hives, le mythique groupe de "rock" de la série. Et comme faut quand même pas exagérer, j'ai aussi ajouté une chanson de Polyéthylène,
Without Me.
Il est à présent un peu plus de 2h30 (encore), et tout ceci est ma foi bien décousu.
Bon, demain je joue à la console comme les autres enfants de mon âge.
...
*Prise de conscience*
Et (re)merde...