Je n'sais pas, je n'sais plus, je suis perdu...

28 octobre 2006

Pile...

Jeudi après-midi, au hasard d'une conversation avec une amie, une pensée m'est venue. A vrai dire, rien de structuré, pas de quoi en parler sur le coup. Quelques mots, des tout petits mots apparemment anodins, ont juste fait "tilt" et peu à peu, dans les heures qui ont suivi, c'est tout un faisceau d'idées, de révélations, qui a pris forme.

Jeudi, j'ai réalisé que je n'étais pas spécialisé. Le fait d'avoir brusquement arrêté mes études il y a un bout de temps maintenant m'a interdit de me spécialiser en quelque domaine que ce soit. Je n'ai rien approfondi, je suis demeuré à la surface de tout...et encore, je dis "tout" mais la surface des choses ne m'est même pas systématiquement visible.

Je ne maîtrise aucun sujet véritablement, je touche un peu à tout, du moins à ce que je peux, et j'essaie tant bien que mal de demeurer à un niveau qui puisse m'épargner le ridicule. Je prétends croire davantage en l'inné qu'en l'acquis car cela m'arrange. Mais par ailleurs, je n'ai pas de grandes idées sur les questions importantes, je n'ai que des petits avis sur des sujets anecdotiques. Je ne m'intéresse pas à grand chose et j'en finis par devenir inintéressant.

Généralement, j'essaie, avec un certain talent il est vrai, de cacher cette faiblesse en faisant de l'humour. Dans mes bons jours, il m'arrive même de me révéler assez fin pour faire "de l'esprit".
A force de phrases plus ou moins bien tournées, je parviens généralement à faire illusion.

Ici même, je ne parle pour ainsi dire jamais de choses qui en valent la peine. Et si je le fais, c'est de manière fort grossière. Je ne parle que de moi, moi, moi...et tout de suite, je suis plus autocentré que jamais.

Il m'arrive de me gargariser de mon humilité et de mes élans de remise en question. "Il faudrait être intelligent pour se savoir sot" (ou quelque chose d'approchant), paraît-il. Réconfort illusoire. Pirouette sans doute inventée par un idiot qui s'est vu plus beau que les autres l'espace d'un instant. Saurai-je au moins être un borgne parmi les aveugles ? Dans mes pires moments, il m'arrive de m'attribuer, faute de mieux, une "intelligence du cœur" et là, je crois qu'on touche le fond.

Une simple phrase n'ayant à la base rien à voir avec moi m'a fait réaliser que je ne m'admirais pas...et aujourd'hui encore moins que d'habitude.

Face...

Tiens, je ne sais pas comment introduire ce billet. Ah ben c'est fait (oh le lâche).

Avis à la population : la vie n'est pas un épisode de Candy. Tous ces gens selon qui "on ne peut pas rire de tout, non monsieur, on ne peut pas" commencent à me gonfler savamment. On parlera de "politiquement correct", de "tabous", peu importe, m'en fous, je fais ce que je veux, je me sens tellement plus fort, tellement plus à l'aise que tous ces médiocres, ces flippés.
Sur la première marches du podium des angoisses : la mort. Dans Comprendre et élever son enfant de Julien Cohen-Solal (édition 1975 reliée au chatterton), l'auteur explique que l'enfant ne connaît pas l'angoisse de la mort et que celle-ci ne se développe que bien plus tard. Bizarrement, j'ai connu l'évolution inverse. Je me rappelle encore la terreur qui m'envahissait lorsque enfant je pensais au jour lointain (et surtout à tous les suivants) où je n'existerais plus. Devenu plus ou moins adulte, autant dire les choses clairement, j'en ai plus rien à cogner. Enfin, disons que je n'y songe désormais que très rarement et qu'alors l'idée de néant ne m'incommode qu'un bref instant.
Quoi qu'il en soit, je continuerai sans honte à rire de la maladie, de la mort et de tout ce dont on ne doit pas rire et qui figure sur la liste dressée par le syndicat des petits coeurs sensibles. Je ne me priverai pas non plus de rire des membres de cette ridicule et visqueuse assemblée.

Mon chauffe-eau a duré plus longtemps que les deux Guerres Mondiales et celle du Viêt-nam réunies mais n'a pour le moment (et à ma connaissance) fait aucune victime civile. Ouais ben c'est pas une raison pour pas le changer. Prions ensemble, mes frères z'et mes soeurs, pour que le propriétaire (que je ne connais par ailleurs pas...mais de nos jours, quelle proportion des locataires français a déjà vu son propriétaire ?) accepte le devis.
Flash spécial, c'est du direct, du vrai, tragique découverte vers 3h du matin (faut pas se fier aux heures de postage de mes billets, c'est l'heure à laquelle je commence à écrire) alors que l'on vient me chercher pour changer Raphaël : la bête marche plus, y'a plus un poil de gaz qui en sort...plus de chauffage (heureusement qu'il fait encore bon), plus d'eau chaude...et c'est tellement mieux quand ça survient juste avant le week-end.

Vivre avec un animal durant plusieurs années crée fatalement des automatismes. Remplacez ledit animal par un bébé et flagellez-vous avec des orties fraîchement coupées après avoir manqué de très peu d'appeler votre fils comme le chat en lui faisant prendre son bain. C'est idiot en plus, le chat on le lavait jamais.

J'ai cru pendant un instant que j'allais devoir déménager en Franche-Comté en catastrophe pour raisons professionnelles (ce qui, sous des airs de mauvaise nouvelle, se révélait plutôt hautement positif et porteur d'espoirs de lendemains qui faute de chanter au moins fredonnent). Eh ben non. Retour à la case départ. Ouais je sais, les douches écossaises c'est vivifiant.

Investissement imminent :


J'aime beaucoup ce que fait Manu Larcenet, mais l'homme me pose parfois problème. Si je peux admettre que la critique puisse l'agacer (comme un peu tout le monde, non ?), je ne comprends pas qu'il y accorde tant d'importance. Il en fait parfois des caisses et pour le coup, c'est moi que ça agace...mais faut admettre qu'il n'a pas toujours tort. Attaqué de toutes parts, accusé de plagiat toutes les 4 secondes, cible privilégiée d'un intégriste de la BD "indé", il était temps qu'il convertisse tout ça ainsi que toute la rage qui ne manque pas d'en découler en quelque chose sinon d'utile, du moins de réjouissant. Ainsi donc est né Critixman dont une partie des aventures a été publiée sur le blog de l'auteur, l'album devant sortir début novembre. Il n'était pas prévu que les quelques strips mis en ligne finissent dans un recueil (avec au moins autant d'inédits), et je n'aurais d'ailleurs sans doute pas prévu de l'acheter si un tel projet avait été annoncé d'emblée, mais je suis carrément tombé amoureux de la couverture.

Un de mes meilleurs moments de ces derniers jours, avec des vrais morceaux de bien-être dedans : écouter Staring at the Sun de U2 et profiter du soleil du matin en allant acheter un pain au chocolat pour mon tendre amour (et je me suis pris un muffin parce que bon, faut quand même pas déconner).
Autres instants formidables : lorsque je ne vais pas bien et qu'en me penchant sur le lit de mon fils, je me dis que j'ai une pure merveille sous les yeux.

Deux nouvelles chansons à venir dans ma radio, demain si j'ai le temps. Encore une fois, du bon, du lourd. Tandis que certains allient tradition et modernité, votre serviteur n'a de cesse de marier bon et mauvais goût avec une joie confinant à la perversion.

23 octobre 2006

Gromeuleu, gromeuleu...

Bon, pas très motivé pour écrire. Mais je pense à celles et ceux qui me lisent peut-être au boulot. Hors de question que je fuie mes responsabilités, je ferai passer deux-trois de ces vilaines minutes qui vous séparent de la sortie. Et puis de même que l'appétit vient en mangeant, à force d'aligner les mots, ça va couler tout seul...d'ailleurs, c'est bon, ça marche.

Terrible. La scène est d'un naze achevé. J'ai un regard de veau mort (du moins est-ce ainsi que je le ressens de l'intérieur), ma brosse à dents dans la bouche et j'écoute de la musique au casque mais avec l'écouteur droit uniquement, le gauche ayant rendu l'âme. Je suis fatigué mais n'ai pas envie d'aller me coucher, je me fixe une limite à 2h. De toute manière, j'aurai beau me glisser sous la couette avec la discrétion d'un spectre, le bébé se réveillera sitôt ma tête posée sur l'oreiller. La vie est ainsi faite, y'a des phénomènes contre lesquels on peut pas lutter. En font notamment partie les tremblements de terre, les raz-de-marée, les impôts et les nouveaux-nés. Le truc qui me rassure au moment de me mettre au lit, c'est qu'au moins je vis loin de la mer et que mon niveau de revenus est de l'ordre du risible.

Récemment, on m'a fait penser "bons sentiments" et j'ai alors décidé de vous parler de l'un de mes grands sujets d'agacement (un parmi des milliers) : le ruban rouge, symbole de la lutte contre le SIDA. Déjà, mais moindre mal, c'est visuellement rien de plus que l'étape 1 d'un schéma de noeud de cravate (simple, le noeud). Designé par un feignant donc (mince, Franck Moore qu'il s'appelle le feignant, même pas honte).


Ensuite, franchement, ça sert à quoi ? Pourquoi y vendent ces merdes ?
Ah oui, je sais ! Ca permet aux gens de faire des p'tits dons pourris. Parce qu'un chèque de 2 euros, ça fait quand même bien mesquin, et puis y'a le nom dessus, la honte quoi. Et on va pas envoyer une pièce, c'est qu'ça pèse, z'imaginez pas c'que ça coûterait en timbres. La générosité du français à ses limites, alors si en plus c'est pour engraisser la poste, tous des feignants rappelons le, non. D'autre part, on prend 2-3 euros au passant mais on lui donne un souvenir en échange parce que bon, le passant, donner des sous sans rien recevoir en retour, ça l'empêcherait sûrement de dormir. Alors que là, il a son petit ruban merdique, il est content. Ptet même qu'il va l'accrocher au revers de sa veste demain pour montrer au boulot qu'il fait dorénavant partie des gens gentils qui sont contre le SIDA, a contrario de ses méchants collègues qui n'ont pas acheté leur ruban et sont donc sans nul doute possible pour le SIDA. On vend un morceau de bonne conscience aux gens, et c'est comme les tickets de la Française des Jeux, c'est pas cher et ça peut rapporter gros (mais l'humain moyen se porte toujours mieux avec 20000 € qu'avec juste sa conscience pour lui). Au final, ces héros ne font pas un don, ils achètent une médaille. Acheter un ruban, oui. Le porter, non. Mais peut-être y a-t-il des individus qui le portent sincèrement, pour mémoire, pour la cause, bla bla bla...sont juste niais ceux-là. Mais je dis ça, moi je donne rien...sauf à la Française des Jeux, des fois.

C'est pas le tout, mais le ruban rouge suffit pas à faire un billet (ceci dit, il est déjà 2h01, merdum). Hier soir, aux alentours d'1h du matin, j'étais devant mon ordi, le bébé couché sur ma poitrine. Ces jours-ci, il n'accepte que très difficilement qu'on le couche et fait des colères proprement terrifiantes. Conséquemment, faiblesse parentale, on le prend souvent sur nous. Il veut pas de son lit, mais les jeunes crétins qui pendaient la crémaillère en face, musique à fond, fenêtres ouvertes, en rang d'oignons sur le balcon (appel insolent au tire à la carabine), couvre-chef à la con sur la tête, arranguant les passants et chantant des paillardes à tue-tête, ces jeunes là donc ne l'empêchaient pas de dormir paisiblement. Le fonctionnement des bébés me dépasse. Comme celui des jeunes en fait. J'ai pourtant dû être comme eux à une époque, mais pour le coup on tape dans le souvenir brumeux style purée de pois. N'empêche, parmi eux, y'en a bien un qui devait avoir un ruban rouge accroché quelque part...c'est que c'est niais un jeune. Bon, j'annonce, c'est officiel, je suis un vieux con. Yes !

10 octobre 2006

Post en deux temps (bien espacés)...pour bien plus de trois mouvements (dont un paquet d'inutiles, mais on débute)...

Nous sommes mardi matin, il est 2h30 à peu près.
Rectification : JE suis mardi matin. Vous, vous dormez.
Je m'étais promis de me coucher au plus tard à minuit. Raté. Encore. Ca m'apprendra à écrire des mails jusqu'à pas d'heure. Ca m'apprendra à faire des enfants.
Et dire qu'il faut que je me lève vers 6h, histoire d'être à la clinique très tôt.
Mine de rien, demain (si j'ose dire), c'est déjà la sortie.
Parti comme je suis, je pourrais aussi bien faire nuit blanche.
Ce billet a en fait pour vocation de résumer les journées d'avant-hier/hier, d'aujourd'hui/hier et d'aujourd'hui/demain. La vache, j'ai l'impression d'être coincé entre le passé et le futur, là. Vous allez me dire "C'est normal, et les gens qui dorment la nuit appellent ça le présent". Oui mais non, je suis pris au piège dans un truc bizarre où hier et demain se mélangent...comme un soir de cuite...mais sans rire bêtement ou vomir partout en fait.
Je disais donc que je comptais résumer les jours J+1, J+2 et J+3 dans ce billet.
La suite plus tard donc. Pour le moment, c'était juste pour faire mon intéressant.


*Le temps passe, passe et passe encore. Les feuilles tombent et mes lecteurs (qui ça ?) prennent racine.*


Nous sommes à présent jeudi (en huit comme on dit), il est 0h30 à peu près.
C'coup-ci, je m'en tiens au "nous" car c'est encore une heure acceptable pour veiller.
Ben dites donc, pas facile de s'y remettre. Pas facile de trouver le temps. Pas facile de choisir d'en user pour écrire. Le temps nous est récemment devenu une denrée précieuse qu'il convient de dépenser avec sagesse. Ceci dit, donnez-moi mon poids en pétrole et je ne manquerai sans doute pas de relativiser un max sur la valeur des secondes qui s'écoulent (mais bon, si vous avez trop de temps, n'hésitez pas à venir dégazer près de chez moi).

Sans transition (comme dit l'autre), un bébé ça change la vie. Quant à savoir si la vie s'en trouve changée autant que le bébé...mais je pose mal le problème, la vie change d'un coup tandis que le bébé, on le change un peu mais souvent. D'ailleurs, amusant comme on encaisse plutôt bien le fait de se faire déféquer dessus par son enfant alors que je mets quiconque au défi de rester zen si un passant lui chie dans la main. Vous me direz que le bambin fait pas exprès, je vous répondrai que surtout il peut pas se défendre et bon, même moi j'ai un peu le sens de l'honneur.

Je disais donc qu'un bébé ça change la vie (mais je dis "graisse", je dis "graisse"...me demande si je l'ai pas déjà faite, celle-là), mais j'ai pas trop à me plaindre, je ne me fais pas pomper les pectoraux (les quoi ? Oh ça va !) 6 à 7 fois par jour, moi. D'ailleurs, vous saviez que le lait maternel était extrêmement bon pour les plantes vertes ? Qui parmi vous sera assez niais pour faire le pied de grue devant les portes de Jardiland afin de se procurer ce miraculeux engrais ? Qui parmi vous sera assez vénal pour oser vendre le lait de sa femme sur le marché ce week-end ? Gagnez du temps, prenez donc rendez-vous, les commentaires sont là pour ça. Rah, mais qu'est-ce que je fais ?! J'ai pas le temps d'initier un trafic de lait maternel à grande échelle !

Au début, une fois tout le monde rentré à la maison, on a copieusement galéré. Le manque d'organisation des débutants. Le bain, le change, que du bonheur. S'agit d'être rapide, c'est que sa majesté supporte pas d'être à poil plus de 4 secondes 1/4, et on a vite fait d'user deux couches au lieu d'une pour avoir un peu trop traîné (vous auriez le coeur de pas la changer alors que le petit l'a souillée avant même que vous l'ayez refermée, vous ? Vous me direz, au final, il va la salir. A se demander pourquoi on la change pas qu'une fois par an). Et le fait qu'il s'agisse de couches lavables (des tas de variétés différentes en plus) ajoute encore au caractère sportif de cette passionnante activité. L'écologie et les économies ont un prix : la sueur (ouais, un peu comme dans Fame).

Y'a pas que pour nous que l'arrivée de Raphaël constitue un bouleversement, notez bien. Le chat a dégagé pour une durée indéterminée, direction la campagne (sans droit de sortir...ironic, isn't it ?). Le chat qui s'en va, le bébé qui arrive, ça fait un peu "Un volcan s'éteint, un être s'éveille". Adieu les poils, l'urine dans les coins, les ronrons dans les oreilles à 6h du mat' pour mendier des croquettes...bonjour l'urine dans le visage et les pleurs à 2h, 5h et 8h du mat' pour réclamer un bout de sein. Gagnant ou perdant ? Je réfléchis.

On a déjà tenté quelques sorties avec la poussette de combat (manque que Tina Turner chantant "We don't need another hero"), c'est physique mais je commence à masteriser comme une bête. Qu'est-ce que j'ai pu gueuler contre les blaireaux avec leurs poussettes, infoutus de dévier de leur trajectoire ne serait-ce que de 5 centimètres, à qui il ne manque que le pare-buffle à l'avant pour bien convaincre mes chevilles que le monde est à eux. Mais c'est que c'est pas toujours facile...ceci dit, je fais toujours plus d'efforts qu'eux, hein. Rassurez-vous, les gens sont quand même des cons, l'honneur est sauf, on a eu chaud.

Le jour de la sortie était également le dernier jour pour déclarer la naissance à la mairie, les papiers ayant entretemps été paumés en salle de naissance par la sage-femme.
Madame la fonctionnaire : Raphaël, avec ou sans tréma ?
Aladfal (plein d'assurance) : Avec.
Mlf (uh uh uh) : *Pianote sur son PC à la con*
A : ...
Mlf (imperturbable) : *Pianote toujours*
A : *Boule dans la gorge*
Mlf : *Rien à foutre de rien*
A (tout bas) : J'espère que je suis pas en train de faire une bêtise.

On en avait pas discuté. Je flippais de faire une connerie et de voir la vie de mon fils démarrer sur un malentendu, une fausse note. Je me voyais déjà tout honteux à chaque fois que mes yeux tomberaient sur un papier officiel comportant un tréma alors que Wonder Maman n'en voulait pas. Et un jour, il me taperait sur l'épaule en me disant "Mais c'est pas grave P'pa, on s'en fout". Je suis donc sorti pour passer un coup de fil à la maison afin de m'assurer qu'on était d'accord. C'était le cas, ça coulait autant de source pour elle que pour moi. Je me suis encore tapé une angoisse pour rien. La prochaine fois, un prénom simple. Ouais, le prochain s'appellera Karl. Mais Karl avec un "K" ou Carl avec un "C" ? Et merde.

Au fil des dernières années, j'ai développé un grande envie d'avoir un fils. Pour compenser sans doute. Sûrement. Démarche idiote. Puis j'ai récemment retourné ma veste par peur de cette confrontation à laquelle je ne me sentais finalement pas prêt. A présent que j'ai un petit garçon, je me dis que rien de mieux ne pouvait m'arriver, ça va me faire beaucoup de bien à la tête.
De manière plus générale, étrange est le lien qui unit un parent à son enfant. On se retrouve à aimer un être tout nouveau, tombé du ciel pour ainsi dire, et qui n'a rien fait pour ça. On l'aime, c'est tout. C'est même pas qu'on s'y sent obligé, c'est comme ça. On est dès lors comme investi d'une mission, et je ne connais rien d'aussi gratifiant que les petits miracles que j'accomplis chaque jour, comme lorsque le simple fait de le prendre dans mes bras et de lui parler suffit à le calmer ou qu'il s'endort couché sur ma poitrine alors que je voulais juste faire passer son hoquet.
En le regardant dormir, je me disais que les enfants ne nous appartenaient vraiment pas longtemps. Il faut profiter au maximum du temps pendant lequel on peut se permettre de les embrasser 75 fois par jour sans que ça les incommode (sans qu'ils puissent le faire savoir du moins).

Pour poursuivre sur du plus léger, j'ai eu un mal fou à saisir la teneur d'un commentaire laissé par Flora, Seb et Alicia sur le précédent message : "Je constate que tu es vraiment submergé par l'émotion et que tu perds tes "repère temporelles", mais bon on te pardonne! ;)". Je me suis dit que j'avais encore dû oublier un anniversaire, un truc du style. Une semaine plus tard, je réalise qu'ils m'ont juste mis le nez dans deux grosse fautes. En fait, la responsable n'est sans doute pas tant l'émotion que la fatigue. Et puis d'abord, les licenciés en lettres seront bientôt interdits de séjour sur mon blog, na !

Pour finir sur du beaucoup plus léger (et parce que, comme le dit si bien Karine Le Marchand, on n'est pas que des parents), ça faisait longtemps que j'avais pas mis des grosses conneries de la vraie bonne musique dans ma radio. Ce manque cruel est à présent réparé avec la mise en ligne du générique d'Embrasse-moi Lucile, alias Lucile, amour et rock'n roll (Aishite Knight en version originale...et là, les puristes se touchent...mais en fait, les connaisseurs, c'est bien utile, j'avais mis Aishite Night...merci Tinou !). Un peu de guimauve ne saurait faire de mal. Mais la pièce de résistance, ce sont les cinq chansons des Bee-Hives, le mythique groupe de "rock" de la série. Et comme faut quand même pas exagérer, j'ai aussi ajouté une chanson de Polyéthylène, Without Me.

Il est à présent un peu plus de 2h30 (encore), et tout ceci est ma foi bien décousu.
Bon, demain je joue à la console comme les autres enfants de mon âge.
...
*Prise de conscience*
Et (re)merde...

08 octobre 2006

Bon, ça c'est fait...

Les petites garces dont je parlais hier ont finalement eu raison de nous et de la patience de la sage-femme.

Midi : déclenchement planifié, rendez-vous à la clinique à 14h. On ne prévient personne (sauf notre grande copine Azriellle qui devait manger à la maison le soir-même...l'aurait un peu eu l'air con devant la porte close), on appellera quand tout sera fini. C'est un peu étrange de vivre quelque chose d'aussi important "en cachette", en se disant que personne ne se doute de rien. On croise justement Azriellle en partant, elle va au cinéma. Dis, on échange ?

14h15 : peu de temps après notre arrivée sur le lieu du crime, on me charge de gérer l'admission. Je m'acquitte de cette tâche avec brio (j'obtiens même une chambre individuelle...en fait, j'y suis pour rien, mais si on vous demande, dites que c'est grâce à moi). A peine remonté en salle d'accouchement, je me vois soumettre d'autres papiers. Déclaration de naissance. Me voilà contraint de marquer les prénoms du bébé, plus moyen de changer d'avis sur le sujet.


15h15 : début du déclenchement proprement dit. Et c'est à peu près à ce moment que j'ai cessé d'engranger des repères temporels. Super bizarre, j'ai juste vu le jour décliner. Je me souviens qu'à un moment, 5 minutes m'ont paru passer en l'espace d'un souffle. Je n'ai franchement pas fait grand chose, mais je ne me suis pas ennuyé durant ces heures d'attente. Je passe sur les détails techniques dont Wonder Maman se chargera de vous parler (ou pas). En tous cas, tout s'est bien passé...et presque comme on le souhaitait.

A je ne sais plus quelle heure, la sage-femme m'a montré son crane (celui du bébé, je précise), "de loin". Plus tard, j'ai regardé à nouveau, j'aurais pu le toucher. Au moment de la délivrance, c'est fabuleux de voir la tête sortir, on n'y croit pas. Puis c'est les épaules, puis c'est à moi, je le prends dans mes mains et le fais sortir, incroyable sensation. Et c'est là, alors que je le tenais, sur le point de le poser sur le ventre de sa maman, que j'ai fondu en larmes. J'ai toujours été convaincu que je pleurerais lors de la naissance de mon premier enfant, mais depuis quelques temps, j'en doutais. Je ne pouvais pas cesser de le toucher, comme pour me convaincre qu'il existait bel et bien.

J'ai pleuré à nouveau quelques minutes après en me lavant les mains, sans bien savoir pourquoi. A posteriori, j'ai l'impression d'avoir eu des tas de visions fugaces de mon enfance, de ma vie en général, de ma relation avec mon père surtout, de tout ce qui m'a mené du jour de ma naissance à celui de la venue au monde de MON enfant. Un peu plus tôt, en me voyant dans le miroir, je me suis trouvé un air trop juvénile pour être père. J'ai pleuré une dernière fois (oui oui, je pleure beaucoup) en regardant la pendule accrochée au mur tandis que j'étais à côté de mon fils et de sa mère alors en pleine première tétée. Il devait être 21h20, je me suis juste dit que Raphaël avait 30 minutes. Suis-je le seul à compter les minutes, les heures, les jours qui précèdent ou suivent un évènement ?

Il est 1h35, et ça fait donc 4 heures et 45 minutes que je suis papa...et rien que de l'écrire, je pleure encore.

Je voulais dormir là-bas mais je suis finalement rentré, histoire de les laisser se reposer tranquillement dormir dans un lit. Je les retrouverai tout à l'heure après une (plus ou moins) bonne nuit de sommeil. Nous sommes désormais une famille. C'est pas tous les jours que vous vous dites "C'est pour la vie". Désolé, gnangnantitude inside, les enfants !

06 octobre 2006

Salopes !

Qu'est-ce qui est petit, rouge, qui monte et qui descend ?
Non, c'est pas un nez de clown dans un ascenseur.
Je veux en fait parler des plaquettes de Wonder Maman (plus précisément leur quantité) qui commencent sérieusement à nous les hâcher menues à force de faire planer la menace d'un possible déclenchement (imaginez un peu Damoclès déclenchant un accouchement à coups d'épée...croyez-moi, ça fait gamberger).
Et dire que quand on était jeunes, les plaquettes, on croyait qu'elles étaient toutes gentilles, serviables et tout et tout. Des putes, oui !


Regardez-moi leur petit sourire tout mignon. Comédie ! Subterfuge ! Z'ont 4 bras en plus. Comment voulez-vous leur faire confiance ? Et puis celle au premier rang, elle a l'air d'avoir bu un coup de trop. Quant à l'autre en haut de la "pyramide", genre "Sans les mains, coucou la voilà !", je la sens pas. Les deux de devant ne semblent d'ailleurs pas dupes. Toutes des petites crevures, t'façon. Pas une pour relever l'autre.

05 octobre 2006

Presse (-citron ?) spécialisée...

Pas moins de 68 pages de pub sur un total de 172. Autant dire qu'il faut se bagarrer pour trouver une page utile dans le magazine Parents. Par endroits, c'est 3 pages de pub puis 1 page de fond puis 2 nouvelles pages de pub. Assez effarant. J'avais encore jamais vu un article commencer en page de droite (ben oui, à gauche y'a de la pub). Et j'avais vraiment jamais vu autant de publicité dans un magazine. Pourtant, j'ai été abonné à des revues de jeux vidéo, alors je peux vous dire que les mags bourrés de réclame, ça me connaît.
Là où c'est le plus fort, c'est que certaines pubs sont faites de telle façon que l'on croit d'abord lire un article. "Vous savez ce qui est bon pour votre bébé ? C'est ça ! Alors faites-le...avec le produit Machin (Machin, c'est pas une vraie marque, hein...comment se fait-il que personne n'ait encore créé la marque "Machin" ou la marque "Truc" d'ailleurs ? J'tiens un filon). J'ai adoré le gros macaron rose en plein milieu d'une page de non-pub (limite si ça ira pas bientôt plus vite de compter celles-là) avec marqué "Un bébé peut avoir besoin d'être changé jusqu'à 20 fois pas jour". Si vous êtes futur parent, vous vous dites "Eh ben putain !" Puis vous lisez en dessous "Source : Pampers". Et là vous vous dites "Ah ouais d'accord."
Ceci dit, du coup, Parents, c'est pas cher. C'était mes trois secondes de pondération annuelles.

Autre truc pas sympa, c'est que Parents ne semble parler qu'aux femmes, aux mamans. D'une part ça agace car je me sens un peu exclu, d'autre part cette persistance du vieux modèle "Maman fait à manger, maman donne le bain, maman change bébé" fait rigoler, puis peur, puis pitié (ordre à votre convenance). Non mais oh ! Moi aussi j'ai le droit de jouer avec le caca de bébé. J'en veux pour preuve le fait que j'ai masterisé le pliage de langes avant Wonder Maman...c'est même elle qui m'a appelé au secours. Et là je dis "Ah ah ah !".