Je n'sais pas, je n'sais plus, je suis perdu...

13 décembre 2007

Il suffira d'un sigle...

A chaque boulot ou presque, son jargon. Le genre de trucs qui au début vous fait entendre "Pardonnez-nous si on parle chinois mais on a tellement l'habitude, on s'en rend même plus compte...vous y viendrez" et qui vous fait dire approximativement dans le même temps "Oh putain !", surtout quand on vous balance le programme PVFI* dans la gueule. Le pire étant qu'effectivement on y vient vite.

Comme vous le savez déjà, j'officie dans le ventre gras de la DGI**, plus précisément en tant qu'AAI*** (anciennnement ACA****), le niveau -2 de l'évolution aux impôts, à peine un poil au dessus du jeune de la maintenance. Ca fait un bout de temps que je ne saisis plus des déclarations mais des "déclas" (et les premières fois que je me suis entendu le dire, croyez bien que je n'ai pas manqué de hausser mentalement le sourcil) et que j'appelle les divers imprimés par leur numéro plutôt que par leur intitulé long comme le bras.

Comme vous ne le savez en revanche certainement pas, je bosse au sein d'un SIE*****, dans une structure dite IFU****** et ai récemment acquis une seconde casquette, celle de GSM******* (vieux cadeau empoisonné que m'a fait un collègue en partant). J'essaie donc de résoudre les problèmes informatiques de mes collègues, ce qui revient souvent à tenter vainement de me dépatouiller avec des applications aussi spécifiques qu'archaïques (genre BDRP********, ILIAD*********, MEDOC**********, MIRIAM***********, MOOREA************ et j'en passe, le tout faisant partie du super projet COPERNIC*************...et je parle pas de la fichue messagerie Lotus************** !). Lorsque je dois m'avouer vaincu, j'appelle le CSI***************, voire la CMI**************** quand vraiment ça va mal.

Sur les conseils d'Azriellle, j'ai jeté un oeil à la série The IT Crowd et c'est avec un mélange de consternation et d'amusement que je me suis reconnu dans la première phrase d'un des personnages principaux : "Avez-vous tenté d'éteindre et de rallumer ?". Non, parce que c'est vraiment ça, hein. Comme la fois...pardon, les deux fois où l'on m'a sorti "Je comprends pas, j'arrive pas à rentrer mes chiffres dans le tableau, je tape et il se passe rien". Le mieux dans ces cas-là, c'est de prendre un air super-songeur et d'appuyer sur la touche de verrou numérique quand la personne a le dos tourné. Cela dit, tout le monde semble avoir acquis le réflexe du Ctrl + Alt + Suppr quand quelque chose marche pas, c'est déjà bien. Y'en a même une, pourtant blonde, que j'ai officiellement désignée correspondante réseau depuis qu'elle a pris l'initiative d'inverser un cable éthernet à l'occasion d'un problème de connexion à PACIFIC***************** (et oui, ça marche). De toute façon, j'en aurai fini avec tout ça début janvier, date de la première mutation de ma carrière. Et en parlant de mutation, peut-être que ma seule chance de retourner dans l'Est un jour sera de me résoudre à briguer un poste en CIS******************.

C'est beau toutes ces petites étoiles, vous trouvez pas ?

* Programme Pour Vous Faciliter l'Impôt
** Direction Générale des Impôts
*** Agent Administratif des Impôts
**** Agent de Constatation ou d'Assiette
***** Service des Impôts des Entreprises
****** Interlocuteur Fiscal Unique
******* Gestionnaire Services Micro
******** Base de Données des Redevables Professionnels
********* Informatisation de L’Inspection d’Assiette et de Documentation
********** MEcanisation Des Opérations Comptables
*********** Micro-Informatique dans les Recettes des Impôts
************ MicrO-infOrmatique pour l’enREgistrement des Actes
************* Ca veut rien dire...juste le nom du célèbre astronome pour faire joli et dire que ouais, c'est la révolution dans l'informatique des impôts.
************** Comme le papier hygiénique, et généralement le premier truc que les gens veulent qu'on leur installe (comme le PQ en somme).
*************** Centre des Services Informatiques
**************** Cellule Micro-Informatique
***************** L'Intranet des impôts dont j'ignore le nom détaillé. Mais c'est joli, y'a une image avec des vaguelettes quand on démarre le PC.
****************** Centre Impôts Service, plate-forme téléphonique avec horaires de oufs-malades. Option moisie donc, mais qui a le mérite d'avoir une antenne à Nancy. Ne surtout pas confondre avec le CSI et encore moins avec NCIS (même si, techniquement, c'est aussi des fonctionnaires).

01 décembre 2007

Un kilo de moins...

I dit it !
Une semaine après ma tentative super infructueuse, j'ai rassemblé tout mon courage et suis parvenu à passer la porte d'un coupe-tiffes que j'avais repéré il y a quelques jours.

Résumé approximatif de ma séance avec la professionnelle qui, bizarrement, m'a alternativement vouvoyé et tutoyé (parce que tu comprends, on a tous des cheveux, on est comme une grande famille) :

Vous voulez pas les couper beaucoup.
- Euh si.
- Vous voulez toujours les attacher.
- Ben non.
- Ah oui quand même. Ca me fait mal au coeur de couper autant de cheveux.
- A moi aussi. Mais en fait, je sais pas vraiment ce que veux. Beaucoup moins long, mais pas court non plus. Et puis je travaille dans un bureau, je peux pas me permettre de les avoir trop longs sans les attacher. Tant qu'à faire, quelque chose qui aille avec ma tête. Mais en même temps, je vous demande pas de me rendre beau, vous êtes coiffeuse, pas magicienne (ou comment obtenir un rire à moindres frais, tout un art).


Elle me montre ensuite des photos afin que je choisisse ma nouvelle tête :

Alors genre cette longueur-là, mais rien de spécialement artistique (je me suis retenu de lui dire que je ne voulais pas d'une coupe de minet, histoire de pas la vexer. C'est un peu son boulot les coupes de minet, si ça tombe c'est sa spécialité).
- En gros, t'as pas envie de t'enquiquiner à te coiffer le matin.
- VOILA ! (A cet instant précis, la regardant droit dans les yeux, je trouve la paix intérieure, à la fois ébloui et apaisé par un tel niveau de compréhension mutuelle.)


Le temps passe à mesure que le sol se couvre de mèches. On se croirait dans une écurie. Une cliente occupée à se faire teindre sourit en me voyant hausser les sourcils tandis que je comptabilise les pertes (comme d'habitude, je cabotine, quoi). Une autre coiffeuse passe par là et demande à sa collègue si je suis bien le monsieur aux grands cheveux de toute à l'heure.

Fin des travaux. Je suis à peu près satisfait et m'en vais en haussant les épaules à l'adresse de ma spectatrice, genre "Ben voilà, c'est fait, tant pis". En payant, j'apprends que les agriculteurs balancent des cheveux sur leurs champs pour éloigner les sangliers. Dix ans que j'étais pas allé chez un coiffeur. Si j'avais su qu'on y apprenait des trucs comme ça...